

Rompre l’os pour la moelle
L'insolence du rire et le banquet des mots Notre paysage littéraire contemporain est souvent guetté par une vertu trompeuse : la réserve compassée. Par peur de trébucher, par crainte du mauvais goût ou de la saturation, nombre d’écritures lissent leurs aspérités, polissent leurs contours et finissent par étouffer la voix sous un murmure feutré. On y confond trop volontiers la rigueur du style avec la pâleur du sentiment, et la maîtrise avec l'austérité. Pourtant, la force s
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