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À la racine : l’herbier de nos mots rares

 

On croit souvent qu’écrire consiste à inventer des mondes. C’est oublier que les mondes dorment déjà dans l’épaisseur des mots.

 

Dans l’atelier de l’écrivain, la langue n’est pas un outil neutre : c’est une matière vivante, une écorce polie par les siècles, charriant des sèves venues d’ailleurs, des oublis fertiles et des précisions chirurgicales. Trop souvent, l’usage quotidien use le lexique jusqu’à la corde, réduisant nos paysages intérieurs à une poignée d’adjectifs interchangeables.

 

Avec « À la racine », nous prenons le parti de ralentir. Régulièrement, cette rubrique exhume un mot rare, désuet ou voyageur. Non pour la vaine coquetterie du jargon ou le plaisir de l'érudition froide, mais pour observer ce qui fait battre le cœur d’un vocable : sa souche étymologique, sa matière sensorielle et la façon dont il peut, à lui seul, transfigurer une phrase.

 

Descendons sous la surface. Cueillons le mot juste.

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