L’art de l’accumulation rabelaisienne
L’art de l’accumulation rabelaisienne : faire de la liste une fête du rythme
Dans nos ateliers de style, on enseigne bien souvent la vertu de la coupe : traquer le pléonasme, élaguer l’adjectif de trop, resserrer la phrase jusqu'à l’os. C’est une excellente discipline pour chasser la mollesse. Pourtant, la prose littéraire possède une autre arme, tout aussi exigeante et infiniment plus jubilatoire lorsqu'elle est maîtrisée : l'accumulation.
Loin d'être un délayage paresseux, l'énumération rabelaisienne est une démonstration de force musicale et plastique. Chez Rabelais, la liste ne ralentit pas l'action : elle la met en transe.

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